Top Picture


L’état de la situation nucléaire au Japon

L’approbation populaire de l’action du premier ministre Japonais Abe est tombée au plus bas depuis sa prise de pouvoir en 2012, les derniers sondages de juin 2015 lui donnent juste un peu plus de 40% d’avis favorable. Cependant il va de l’avant et ce malgré une mobilisation populaire – très forte à l’aune des routines japonaises de ces 40 dernières années : 25 000 personnes ont protesté autour du parlement le 16 juin contre le re-démarrage des réacteurs et contre les lois sur la sécurité et la paix.
En dépit de cela, le 9 juillet, un premier réacteur (à SatsumaSendai, département de Kagoshima dans l’île de Kyushu) a commencé à recevoir du combustible et devrait redémarrer en août et fonctionner à plein en septembre. Sur 15 des 43 réacteurs utilisables, des procédures sont en cours pour obtenir l’autorisation de redémarrer.

Tout cela se fait sans que la situation confuse décrite en mars dernier se soit améliorée significativement.

4 ans après l'accident, 23 000 manifestants à Tokyo le 8 mars 2015.

Quatre ans après la catastrophe, la centrale daï-ichi de Fukushima est en cours de démantèlement dans un contexte confus. Les cœurs de trois réacteurs ont fondu et échappent à une maîtrise réelle pour des dizaines d’années. Il faut les asperger chaque jour de 350 tonnes d’eau qui rejoignent les sous-sols déjà inondés par les ruissellements. L’opérateur TEPCO en récupère une partie, la décontamine partiellement et la stocke provisoirement : 600 000 tonnes s’accumulent avec 250 000 mètres cubes de déchets radioactifs (une broutille vu les 30 millions de mètres cubes à traiter ici et là). Pour en revenir à l’eau il faut aussi compter avec celle - devenue elle aussi radioactive, qui se faufile jusqu'à la mer déjouant les tentatives de l'en empêcher : l'océan pacifique a déjà retrouvé le niveau de radioactivité connu dans les années soixante, lors des expériences atomiques atmosphériques.

Bien peu des 120 000 évacués de Fukushima envisagent un retour; le gouvernement continue une décontamination - inefficace- et croit persuader que vivre avec une radioactivité inférieure à 20msv par an est sans danger. La promesse d'un retour à la normale internationale de 1msv est oubliée. Des couples âgés et des agriculteurs sont certes revenus sur les terres ancestrales avec l'espoir d'en extirper la souillure radioactive. Dans les zones non évacuées, le niveau de radioactivité permet presque partout d'obtenir des produits sous le seuil officiel de 100bq/kg ce qui est supposé autoriser une ingestion (à long terme?) sans risque accru de cancer.

Presque cent cancers de la thyroïde ont été détectés chez les enfants de Fukushima et traités par la chirurgie. Les autorités déclarent que ce taux de prévalence, plus de dix fois les taux moyens, n'est pas dû à la radioactivité, mais au fait que le dépistage a été systématique et que ces cancers auraient pu ne jamais se "déclarer". On comprend que les populations de Fukushima, des environs et même du reste du pays soient cependant affectées psychologiquement.

Seul un tiers des Japonais sont en faveur du redémarrage des réacteurs, tous arrêtés depuis septembre 2013. Testés selon de nouvelles normes, quatre ont obtenu l'agrément technique, deux ont même le feu vert des autorités locales, mais les opérateurs attendent celui du gouvernement qui préfère reporter sa décision après les élections locales d'avril.

Malgré l'opinion publique et les appels répétés de personnalités, intellectuelles comme Kenzaburo Oé ou politiques comme les anciens premiers ministres, Naoto Kan (du Parti démocrate du Japon, centre gauche) au pouvoir pendant la catastrophe ou Jun Ichirô Koïzumi (du Parti Libéral démocrate, premier ministre de 2001 à 2006), ancien mentor de l'actuel premier ministre, Shinzo Abe, celui-ci mène une politique de puissance, dont l'énergie nucléaire est une composante.

En visite au Japon en mars, Angela Merkel a rappelé que l'Allemagne a décidé de sortir du nucléaire suite à Fukushima. Elle a aussi rappelé que l'Allemagne a officiellement regretté son passé et s'est réconciliée avec ses voisins. Ce n'est pas dans l'esprit de Shinzo Abe qui, cherchant à faire à nouveau du Japon une puissance militaire, est hostile à l'expression d'un regret concernant les atrocités perpétrées en Asie, et, bien au contraire, encourage ses partisans à honorer les âmes des criminels de guerre au temple Yasukuni qu'il a lui-même visité en décembre 2013. La voie de sortie du nucléaire bute au Japon sur la soif de puissance.

POUR EN SAVOIR PLUS : On peut trouver une synthèse de la situation nucléaire actuelle sur le site de l'association ACRO, fondée lors de l’accident de Tchernobyl, qui s'est mobilisée dès l'accident du 11 mars 2011 pour suivre au jour le jour ce qui se passe au Japon et continue à le faire.
J'ai rédigé régulièrement des notes, archivées ici, écrites à partir de sources originales multiples.
J'ai repris de ACRO une liste de sources toujours actives (au 15 mars 2015) avec des documents d'archives et des documents (y inclus video)de l'actualité courante concernant la situation nucléaire et les séismes.

Un documentaire de Jean-Paul Jaud est à voir absolument : Tous Cobayes – la moitié concerne la toxicité des OGM, l’autre moitié la toxicité du nucléaire centrée sur le désastre de Fukushima. Leur dernier film porte sur "Libres" porte sur les énergies renouvelables libérant du nucléaire, voir le site de Jean-Paul et Béatrice Jaud.

Données de base, officielles sur la radioactivité.
Des données brutes d’observations de la radioactivité ont été diffusées (pas avant fin mars 2011) en japonais, puis en anglais (et en chinois) par le MEXT (Ministry of Education,Culture,Sports,Science & Technology) jusqu’au 18 septembre 2012 (et sont encore disponibles sur son site ). Depuis cette date le relais a été pris par la nouvelle agence « indépendante » la NRA (Nuclear Regulation Authority).

Lire la suite...



Le 28 juin 2014

NON AUX CENTRALES NUCLEAIRES du 28 juin 2014.
La société civile continue de se mobiliser
- ci-dessus quelques uns des 5 500 manifestants du 28 juin 2014 et un extrait du Manga qui a donné un écho national au malaise de la population, vis à vis des déchets, vis à vis de ce que la moitié des jeunes de Fukushima ont un problème de thyroïde, vis à vis des premiers cancers et vis à vis de la généralité de petits problèmes comme les saignements de nez
- voir mon texte faisant le point sur la situation au 12 juillet 2014. Une note plus complète peut être téléchargée ici. Il y a toujours une manifestation autour des bureaux du premier ministre chaque vendredi soir, une tente établie en permanence à côté du Ministère de l'économie et une pétition qui a déjà recueilli plus de 8 millions et demi de signatures.
Avec Hiroko Amemiya, nous avons organisé des actions de solidarité internationale soutenues par la Fondation de France (vers les paysans et les enfants) et des relations d'amitiés entre des jeunes français et des collégiens japonais dont on peut lire les témoignages émouvants dans une newsletter, d'octobre 2013 (N1-1, N1-2, N1-3, N1-4), et de juillet 2014 : N2.

Le 13 Octobre 2013
Eau contaminée, Ne polluez pas la mer, contre le redémarrage. La société civile continue de se mobiliser - ci-dessus quelques uns des 40 000 manifestants du 13 Oct 2013 - voir mon texte publié par Reporterre qu'on peut aussi télécharger ici. Il y a manifestation autour des bureaux du premier ministre chaque vendredi soir, une tente établie en permanence à côté du Ministère de l'économie et une pétition qui a déjà recueilli plus de 8 millions de signatures.

Le 7 septembre 2013 , le premier ministre Abe a déclaré à propos de Fukushima "nous maîtrisons la situation". En réaction à cela, Takashi Hirose, auteur entre autres, en 2011, de Japan Meltdown (traduit en anglais) vient d'envoyer (le 21 septembre) une lettre aux athlètes du monde entier, pour leur dire le danger de la situation réelle: vous pouvez la télécharger ici. Le premier ministre a fait une petite marche de côté dans un discours en anglais à Kyoto le 6 octobre appellant le monde entier à venir aider les Japonais à maîtriser la situation- télécharger le texte de son message(en anglais) donné par Associated Press .

Le 2 juin 2013 les Japonais ont manifesté contre le nucléaire en masse, à 60 000 à Tokyo avec entre autres le prix nobel Ôe Kenzaburo (30 000 selon la police) criant leur opposition au projet gouvernemental de redémarrage des réacteurs arrêtés. En dépit de cela, le président Hollande est allé la semaine suivante apporter le soutien de la France au Japon du premier ministre Abe pour développer le nucléaire faisant fi de la volonté des peuples. C’est que l’OMS et l’ONU les soutiennent pour faire du négationnisme nucléaire : lire mon point de vue publié par Ouest France le 10 juin tiré d'une note rédigée à ce sujet.

Près de la tour de Tokyo, Minato Ward, Shiba Park, kyodo, puis les marcheurs, AFP Photo de Rie Ishii et autour de Ôe Kenzaburo en bas à gauche avec des ballons en forme de colombes, AFP photo de Toshifumi Kitamura.

Mars 2013
Des interventions intéressantes la situation actuelle au début de 2013 ont été présentées le 9/03/13 lors d'une réunion-débat à Paris organisée par l'association sortir du nucléaire; on peut accéder en ligne aux interventions de Kolin Kobayashi et de Cecile Asanuma Brice en cliquant sur leur nom.
En ce début 2013 les deux seuls réacteurs en marche pourraient être arrêtés et aucun autre ne serait remis en route avant septembre 2013. Une remise en cause du projet d'abandon du nucléaire pour 2040 ne sera pas lancée avant les élections sénatoriales de juillet. Les populations, jusque 100km, parfois même 200 km de la centrale, sont inquiètes pour leur santé. Elles le sont plus encore pour celle de leurs jeunes enfants qui vivent avec une radiation ambiante supèrieure à la norme internationale (+ de 1 millisievert/an). Elles craignent un grand tremblement terre annoncé comme probable et qui pourrait faire de la piscine de l'unité 4 de la centrale (avec 1300 barres de combustible usagé) une véritable bombe nucléaire.
J'ai rédigé une courte note sur la vie quotidienne :"comment potéger ses enfants?" publiée par Paul Jorion sur son blog et téléchargeable ici. Un texte plus complet (25 p) fait le point d'ensemble de la situation

Je mets également sur le site le texte d'un plaidoyer pour l'arrêt total de l'usage de l'énergie nucléaire de M. Mitsuhei MURATA qui a longtemps combattu la "dictature nucléaire", qui prévaut au Japon, ce qui lui a valu d'être mis "au placard", après avoir été ambassadeur du Japon à Genève (et donc auprès des organisations internationales qui s'y trouvent). Ce message comporte un appel à créer une journée mondiale de l'éthique qui a été entendu par la fédération mondiale des clubs unesco qui devrait faire du 11 mars une journée mondiale de l'éthique.
Je mets également sur le site une vidéo sous-titrée en français où Mitsuhei MURATA dénonce la situation nucléaire au Japon et le rôle joué par les puissances d'argent et par les Etats-Unis. La société civile continue de se mobiliser entre autres avec une manifestation autour des bureaux du premier ministre chaque vendredi soir et prépare un grand rassemblement du 9 au 11 mars 2013



contact: At=@ : [contactAtaltersocietal.org] - Plan du site - Page mise à jour le 10 07 2015 à 23:50
Statistiques - Total : 38142 - Ce mois ci : 830 - En ligne : 1
 

Se connecter

Accédez aux parties restreintes du site