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Février 2019 - Penser la situation politique avec Macron face aux Gilets Jaunes

TRIBUNE accueille ici mes points de vue convivialistes liés à l'actualité.
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Se libérer du monopole de la voiture

Tribune publiée sur Ouest-France le lundi 14 janvier 2019 - version facsimile pdf à télécharcher

La transition vers un monde nouveau doit être amorcée en maints domaines. Par exemple celui de l'automobile, objet central de ce monde ancien qu'il faut profondément rénover.

L'automobile devint omniprésente vers 1960. L'Europe de la PAC fit passer les paysans de la traction animale au tracteur dans les champs et de la voiture à cheval à la camionnette pour faire le marché. En ville, des camions hippomobiles livraient encore le charbon, les colis, les produits laitiers.

Déjà en 1968, un ménage français sur deux dispose d'une automobile mais les vastes parkings des premiers campus universitaires sont vides.

Tout bascule ensuite. Les rues sont retracées, des parkings créés, des rocades ceinturent les villes reliées par un réseau d'autoroutes avec ouvrages d'art et voies aériennes. On rêve d'une voiture qu'on bricole et qu'on bichonne.

On travaille en ville, on vit à l'extérieur, on part en vacances en famille, à la mer, à la montagne, à l'étranger. On fait ses courses à l'hyper en périphérie, on conduit les enfants à l'école, au stade sportif, chez des copains.

Les villes, les infrastructures, la sidérurgie, les recherches, le recul du transport collectif hors zones urbaines sont autant de domaines où s'impose le monopole radical de l'automobile. Pour se déplacer en ville au-delà du centre, entre les villes, l'automobile devient indispensable. Un monopole dont Illich, le penseur de la convivialité, soulignait le caractère contre-productif.

Un véhicule individuel passe 80 % de son temps à l'arrêt et une bonne partie du reste dans des embouteillages pour un trajet qui se ferait - au moins en ville- plus vite à pied ou à vélo. Sa production est coûteuse en ressources, son utilisation aussi, les « progrès » la rendent vite obsolète et il faut la mettre à la casse alors que son emploi produit des pollutions pour la santé humaine et des gaz à effets de serre nocifs pour la planète.

La ville aux piétons


Les lobbies attachés à l'automobile font rêver d'un véhicule individuel automatique, électrique et confortable comme un salon de détente.

Pure folie me semble-t-il d'imaginer doter tous les Français d'un tel engin coûteux auquel il faudrait adapter les rues, les routes et autoroutes sans rien gagner en ce qui concerne nos vrais besoins de transport en zone urbaine, entre périphéries et centres-villes et entre villes. Qui plus est en faisant disparaître les plaisirs anciens du pilotage et de la mécanique.

Pour plus de confort, mieux vaut améliorer l'habitat et son isolation et en assurer un accès à chacun. Et eu égard à l'automobile engageons les réformes nécessaires pour nous libérer de son monopole radical. Formulons des voeux pour que ce cap clair soit envisagé.

Donner peu à peu pleine priorité en ville aux piétons, aux handicapés. Par des trottoirs agréables, des accès par escalators et ascenseurs à des transports en commun gratuits, des trottoirs roulants dans les longues rues passantes. Faciliter l'usage des vélos et véhicules étroits à vitesse limitée, à travers la ville et jusqu'en périphérie, par des pistes en site propre. Des transports en commun denses, fréquents et non polluants de la périphérie vers les villes, entre les villes, et dans les campagnes. Des systèmes de taxis et d' « autolib » pour les déplacements impossibles autrement.

Établissons un plan de manière largement concertée pour aller vers un monde nouveau. Avec moins d'automobiles. Ses mesures, avec les aides nécessaires, décidées ensemble, nous les suivrons dans notre intérêt immédiat et futur. Commençons dès 2019 !

Marc Humbert
Professeur émérite à l’université de Rennes

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Vœux 2019 pour avancer vers un monde nouveau

Tribune publiée sur altersocietal le mardi 1er janvier 2019, une version révisée a été publiée par Ouest-France le 14 janvier 2019

Si le monde à venir doit réduire l'utilisation du pétrole en particulier l'usage qu'en font les automobiles, il faut organiser notre vie commune de telle sorte que nous puissions effectivement employer moins l'automobile pour nos besoins de déplacement et ne pas se contenter de surtaxer le carburant et inciter ceux qui en ont les moyens à acheter un véhicule électrique. Il faut ouvrir une vision sur un monde nouveau, définir un cap et préparer ensemble un plan pour prendre la bonne direction .

La transition vers un monde nouveau doit être amorcée en maints domaines. Par exemple celui de l’automobile, objet central de ce monde ancien qu’il faut profondément rénover.

L’automobile devint omniprésente vers 1960. L’Europe de la PAC fit passer les paysans de la traction animale au tracteur dans les champs et de la voiture à cheval à la camionnette pour faire le marché. En ville, des camions hippomobiles livraient encore le charbon, les colis, les produits laitiers. Déjà en 1968, un ménage français sur deux dispose d’une automobile mais les vastes parkings des premiers campus universitaires sont vides.

Tout bascule ensuite. Les rues sont retracées, des parkings créés, des rocades ceinturent les villes reliées par un réseau d’autoroutes avec ouvrages d’art et voies aériennes. On rêve d’une voiture qu’on bricole et qu’on bichonne, on travaille en ville, on vit à l’extérieur, on part en vacances en famille, à la mer, à la montagne, à l’étranger. On fait ses courses à l’hyper en périphérie, on conduit les enfants à l’école, au stade sportif, chez des copains.

Les villes, les infrastructures, la sidérurgie, les recherches, le recul du transport collectif hors zones urbaines sont autant de domaines où s’impose le monopole radical de l’automobile. Pour se déplacer en ville au-delà du centre, entre les villes, l’automobile devient indispensable. Un monopole dont Illich, le penseur de la convivialité, soulignait le caractère contre-productif. Un véhicule individuel passe 80% de son temps à l’arrêt et une bonne partie du reste dans des embouteillages pour un trajet qui se ferait – au moins en ville- plus vite à pied ou en vélo. Sa production est coûteuse en ressources, son utilisation aussi, les « progrès » la rendent vite obsolète et il faut la mettre à la casse alors que son emploi produit des pollutions pour la santé humaine et des gaz à effets de serre nocifs pour la planète.

Quel cap viser eu-égard à l’automobile ?


Les lobbies attachés à l’automobile font rêver d’un véhicule individuel automatique, électrique et confortable comme un salon de détente. Pure folie me semble-t-il d’imaginer doter tous les Français d’un tel engin coûteux auquel il faudrait adapter les rues, les routes et autoroutes sans rien gagner en ce qui concerne nos vrais besoins de transport en zone urbaine, entre périphéries et centres-villes et entre villes. Qui plus est en faisant disparaître les plaisirs anciens du pilotage et de la mécanique.

Pour plus de confort, mieux vaut améliorer l’habitat et son isolation et en assurer un accès à chacun. Et eu-égard à l’automobile engageons les réformes nécessaires pour nous libérer de son monopole radical. Formulons des vœux pour que ce cap clair soit envisagé.

Donner peu à peu pleine priorité en ville aux piétons, y inclus aux handicapés. Par des trottoirs agréables, des accès par escalators et ascenseurs à des transports en commun gratuits, des trottoirs roulants dans les longues rues passantes. Faciliter l’usage des vélos et véhicules étroits à vitesse limitée, à travers la ville et jusqu’en périphérie, par des pistes en site propre. Des transports en commun denses, fréquents et non polluants de la périphérie vers les villes, entre les villes, et dans les campagnes. Des systèmes de taxis et d’autolibs pour les déplacements impossibles autrement.

Etablissons un plan de manière largement concertée pour aller vers un monde nouveau. Avec moins d’automobiles. Ses mesures, avec les aides nécessaires, décidées ensemble, nous les suivrons dans notre intérêt immédiat et futur. Commençons dès 2019 !

Marc Humbert
Professeur émérite à l’université de Rennes
Vice-président de l’association des convivialistes


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